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Vous faites le plein de gazole chaque semaine et vous guettez le prix affiché. Donald Trump annonce des livraisons massives de diesel russe pour le faire baisser. Pourtant, la Russie a vu ses exportations de diesel chuter de 40 %. Aucune baisse chiffrée n'est promise pour la pompe française.
En bref
- Donald Trump a annoncé le 9 octobre 2026 des livraisons de diesel russe, avec une autorisation provisoire du Trésor américain.
- Les frappes ukrainiennes sur les raffineries ont fait chuter de 40 % les exportations russes de diesel.
- Le calendrier avancé commence par plus de 300 000 tonnes, puis 500 000 tonnes en novembre, puis un million.
Le chiffre clé : 40 %, Chute des exportations russes de diesel après les frappes sur les raffineries.
Trump annonce des centaines de milliers de tonnes de diesel russe dès maintenant
Vendredi 9 octobre 2026, Donald Trump a affirmé avoir négocié avec Vladimir Poutine la livraison de plusieurs millions de tonnes de diesel russe, destinées au marché américain et au marché mondial. Le ministère américain des Finances a confirmé avoir délivré une autorisation provisoire pour la mise en vente de ce gazole, malgré les sanctions qui visent Moscou. Le Kremlin a validé les chiffres avancés.
Le président américain assure que les prix du diesel vont baisser rapidement, aux États-Unis comme ailleurs. Il cite en priorité les agriculteurs, les éleveurs et les transporteurs routiers.
Voici le calendrier qu'il a détaillé sur son réseau social :
| Étape | Volume annoncé |
|---|---|
| Livraison immédiate | Plus de 300 000 tonnes |
| Novembre | 500 000 tonnes supplémentaires |
| Juste après | 1 million de tonnes |
| Possible rapidement | 3 millions de tonnes, selon l'état des raffineries russes |
La Russie a perdu 40 % de ses exportations de diesel sous les frappes ukrainiennes
C'est le point faible de l'annonce. Les frappes ukrainiennes ont durement touché l'industrie pétrolière russe et fait chuter de 40 % les exportations de diesel du pays. Trump lui-même conditionne le gros volume de 3 millions de tonnes à l'état des raffineries de Moscou.
Le cessez-le-feu énergétique annoncé par le président américain change la donne. Selon BFM TV, il pourrait permettre à la Russie de relancer ses raffineries et de remettre des millions de tonnes de carburant sur un marché mondial déjà sous tension.
Autrement dit, la promesse repose sur des installations que la guerre a abîmées. Plus elles repartent vite, plus les volumes annoncés deviennent crédibles. Plus elles tardent, plus le calendrier risque de glisser.
Pour votre gazole en France, aucune baisse chiffrée n'est annoncée
Soyons précis : Trump parle de prix qui vont baisser « aux États-Unis comme ailleurs », sans donner le moindre chiffre. Aucun montant en centimes par litre n'a été avancé pour la France. Personne n'a non plus chiffré un effet sur le prix du fioul à la commande.
Ce qui est établi, c'est le mécanisme possible. Davantage de diesel disponible sur un marché mondial tendu peut soulager les prix. Mais les premières livraisons visent d'abord le marché américain et le marché mondial en général, et le gros des volumes n'est attendu qu'à partir de novembre.
Que faire en attendant ? Ne comptez pas sur une baisse immédiate à la pompe. Si vous roulez au gazole, surveillez l'évolution des prix dans les semaines qui viennent plutôt que de reporter un plein indispensable. Le vrai test sera la livraison effective des 500 000 tonnes de novembre.
Un pari électoral que Kiev juge indigne
Trump cherche à faire baisser les prix aux États-Unis avant les élections législatives de mi-mandat du 3 novembre 2026, alors que le Parti républicain redoute de perdre le contrôle du Congrès. Ce calendrier explique en partie le ton de l'annonce.
À Kiev, la réaction a été immédiate. Volodymyr Zelensky a qualifié l'accord d'indigne, puis a lancé dans un entretien à Axios :
« Cela ressemble à un beau cadeau d'anniversaire pour Poutine. C'est absolument horrible. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien, dans un entretien à Axios
Il estime que l'arrangement nourrit la capacité de guerre de Moscou. Les exportations d'hydrocarbures russes sont justement sanctionnées pour compliquer le financement du conflit.
En France, le député RN Jean-Philippe Tanguy, invité de BFM Politique dimanche 11 octobre, a jugé que « Monsieur Trump défend les intérêts de son pays ». Interrogé sur un accord similaire pour la France, il a toutefois concédé que « ce ne serait pas une solution » pour le pays.
Les dates à suivre pour savoir si la pompe va réagir
Trois repères suffisent pour juger si la promesse se concrétise :
- Les premières livraisons : plus de 300 000 tonnes sont annoncées comme immédiates.
- Novembre : 500 000 tonnes supplémentaires doivent suivre, puis un million de tonnes.
- Le 3 novembre : les élections américaines de mi-mandat peuvent faire évoluer la pression politique.
Les discussions se poursuivent par ailleurs à Miami entre Américains et Ukrainiens, en présence de conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays européens. Elles portent notamment sur la résilience énergétique avant l'hiver. Un nouvel incident sur les raffineries ou une reprise des frappes pourrait remettre en cause les volumes promis.
Vos questions
Le prix du gazole va-t-il baisser en France à cause de l'accord de Trump ?
Aucune baisse chiffrée n'a été annoncée pour la France. Trump parle d'une baisse des prix du diesel aux États-Unis comme ailleurs, mais les livraisons les plus importantes ne sont attendues qu'à partir de novembre.
Pourquoi la Russie aurait-elle du mal à livrer autant de diesel ?
Les frappes ukrainiennes ont mis à mal son industrie pétrolière et fait chuter de 40 % ses exportations de diesel. Trump précise lui-même que les 3 millions de tonnes évoqués dépendent de l'état des raffineries russes.
Les sanctions contre la Russie sont-elles levées ?
Le ministère américain des Finances a délivré une autorisation provisoire pour mettre ce gazole russe sur le marché. Il s'agit donc d'une dérogation temporaire, et non d'une levée générale des sanctions.
Sources : BFMTV, lenergeek.com.