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Si vous roulez au diesel, le plein de 50 litres pourrait coûter 6 à 9 euros de moins à partir du 1er novembre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu libère 10 millions de barils de gazole des stocks stratégiques, pour trois mois. La baisse reste une promesse : tout dépendra de ce que les distributeurs répercuteront à la pompe.
En bref
- Le gouvernement met 10 millions de barils de gazole des stocks stratégiques à disposition des distributeurs.
- La baisse espérée est de 12 à 18 centimes par litre, à partir du 1er novembre et pour trois mois.
- Les Mousquetaires promettent de répercuter la baisse tout de suite, mais refusent de s'engager sur une date précise.
Le chiffre clé : 12 à 18 centimes de baisse promise par litre de gazole à la pompe dès le 1er novembre.
Une baisse de 12 à 18 centimes par litre promise pour trois mois
Sébastien Lecornu a annoncé une baisse du prix du gazole à partir du 1er novembre. Le Premier ministre espère un recul compris entre 12 et 18 centimes par litre à la pompe. La mesure est prévue pour trois mois, donc jusqu'à la fin janvier si elle démarre à la date annoncée.
Concrètement, un automobiliste qui paie son gazole 2,40 € le litre le verrait passer entre 2,22 € et 2,28 €. Sur un plein de 50 litres, l'économie se chiffre à 6 € dans le cas bas et à 9 € dans le cas haut.
| Baisse par litre | Économie sur 50 litres | Litre à 2,40 € devient |
|---|---|---|
| 12 centimes | 6 € | 2,28 € |
| 18 centimes | 9 € | 2,22 € |
Si vous faites un plein par semaine, l'effet s'additionne vite. Mais gardez en tête qu'il s'agit d'une fourchette espérée, pas d'un prix garanti.
Dix millions de barils sortent des réserves stratégiques de l'État
Pour obtenir cette baisse, l'État puise dans ses stocks stratégiques. Ces réserves existent surtout pour faire face à une pénurie. Le gouvernement va y prélever 10 millions de barils de gazole, achetés avant la crise, à un prix de 28 centimes le litre, et les vendre aux distributeurs.
L'idée est simple : si les distributeurs reçoivent du produit moins cher, ils peuvent afficher un prix plus bas à la pompe. Seul le gazole est concerné. Les conducteurs à l'essence ne sont pas visés par cette libération.
Reste une inconnue : le rythme. Philippe Casbas, président de l'UFIP Énergies et Mobilités, insiste sur ce point.
« Les services du Premier ministre ont décidé du taux de libération, de la quantité qu'on va libérer chaque jour, chaque semaine. Et c'est la quantité injectée de ce produit qui va déterminer l'impact sur le prix. »
Philippe Casbas, président de l'UFIP Énergies et Mobilités
Les Mousquetaires répercuteront la baisse, mais sans s'engager sur une date
Les distributeurs sont la clé du dispositif, car ce sont eux qui fixent le prix affiché. Thierry Cottillard, président du groupement Les Mousquetaires, a assuré sur RTL, jeudi 8 octobre, qu'il jouerait le jeu. Il a pourtant refusé de donner une date.
« On va répercuter la baisse immédiatement. Les 12 centimes ou les 18 centimes, on les prend. Mais je ne veux pas ce matin prendre l'engagement d'une date. »
Thierry Cottillard, président du groupement Les Mousquetaires, sur RTL le 8 octobre
Le ministère de l'Économie doit réunir les distributeurs dans les prochains jours pour discuter de l'application concrète de la mesure. C'est cette réunion qui dira si le 1er novembre sera bien le premier jour de baisse en station.
Pour vous, la prudence s'impose : ne comptez pas sur 18 centimes de moins dès le matin du 1er novembre. Comparez les prix dans les jours qui suivent avant de remplir votre cuve ou votre réservoir.
Les automobilistes saluent le geste mais le jugent trop faible
À la pompe, l'accueil est mitigé. Une conductrice estime que ce n'est « pas vraiment suffisant » : elle rappelle que le gazole était autour de 1,50 € et qu'il dépasse maintenant 2,30 €. Un autre automobiliste juge le geste positif, mais « dérisoire » par rapport au budget global que représente le carburant.
Le poids du carburant se mesure aussi ailleurs. Au Secours populaire de Nice, des bénévoles disent qu'ils vont venir moins souvent. Leur raison : « ça coûte trop cher ».
Le contexte reste tendu. Le prix moyen du gazole entame une première baisse dans l'Union européenne après un mois de records, mais la France demeure parmi les pays où il est le plus haut. Même avec 18 centimes de moins, le litre resterait nettement au-dessus du niveau d'avant la crise.
Un stock à manier avec précaution, préviennent les économistes
La mesure fait réagir en politique. Le RN y voit la reprise d'une idée qu'il réclamait depuis mars. Marine Le Pen a lancé : « Comme d'habitude, ils finissent par mettre en œuvre nos propositions après les avoir ridiculisées ».
Côté experts, un économiste interrogé juge la baisse annoncée « crédible ». Patrice Geoffron, professeur d'économie, invite toutefois à la prudence : selon lui, « il faut gérer avec précaution ce précieux stock ». Une réserve vidée pour faire baisser les prix est une réserve en moins en cas de vraie pénurie.
Si vous vous chauffez au fioul, notez que l'annonce vise le gazole à la pompe. À ce stade, aucune mesure équivalente n'a été annoncée pour le fioul domestique.
Vos questions
Quand la baisse du gazole sera-t-elle visible à la pompe ?
Le gouvernement promet une baisse à partir du 1er novembre, pour une durée de trois mois. Mais les distributeurs n'ont pas tous donné de date : le dirigeant des Mousquetaires a refusé de s'engager sur un jour précis. Le ministère de l'Économie doit les réunir dans les prochains jours.
Combien puis-je économiser sur un plein de gazole ?
La baisse espérée est de 12 à 18 centimes par litre. Sur un plein de 50 litres, cela représente entre 6 € et 9 € d'économie. Avec un litre à 2,40 €, le prix passerait entre 2,22 € et 2,28 €.
L'essence est-elle concernée par cette mesure ?
Non, la libération des stocks stratégiques porte uniquement sur le gazole : 10 millions de barils sont mis à disposition des distributeurs. Les conducteurs de véhicules à essence ne sont donc pas visés par cette baisse annoncée.
Sources : Le Monde, franceinfo.