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Vous payez le litre à plus de 2,30 € et vous guettez une baisse ? Le G7 libère jusqu'à 100 millions de barils de ses stocks, mais l'effet attendu à la pompe reste mince : environ 6 centimes par litre pour 10 dollars de baril en moins, soit 2 à 3 % du plein.
En bref
- Le G7 injectera jusqu'à 100 millions de barils en quatre mois, un volume inférieur à 1 % de la consommation mondiale quotidienne.
- Un baril en baisse de 10 dollars représente environ 6 centimes toutes taxes comprises par litre, soit 2 à 3 % du ticket.
- Les stations de grande distribution répercutent la baisse en deux ou trois jours, les stations rurales en une à deux semaines.
Le chiffre clé : 6 centimes de baisse par litre, taxes comprises, pour 10 dollars de baril en moins.
Le G7 ouvre ses stocks, mais le volume reste faible face au marché mondial
Réunis début octobre, les pays du G7 ont validé une nouvelle libération coordonnée de leurs réserves stratégiques de pétrole. Sous la direction de l'Agence internationale de l'énergie, jusqu'à 100 millions de barils de brut et de diesel doivent arriver sur le marché en quatre mois. Une part importante concerne le diesel, très recherché en Europe.
Cette opération prolonge celles du printemps. Sur 400 millions de barils prévus au total, 325 millions ont déjà été libérés depuis mars, selon l'Agence internationale de l'énergie. Le contexte est celui d'une guerre au Moyen-Orient et de tensions autour du détroit d'Ormuz.
Le chiffre impressionne, mais il faut le rapporter à la consommation mondiale, d'environ 100 millions de barils par jour. Ce supplément pèse donc moins de 1 % de cette demande. Le signal a tout de même fait reculer d'environ 5 % le baril américain sur les marchés à terme.
Dix dollars de baril en moins se traduisent par six centimes au litre
À 2,30 ou 2,40 € le litre de gazole ou de SP95, l'essentiel du prix est constitué de taxes. Seule la part liée au produit, c'est-à-dire au cours du brut et du diesel, bouge au gré des marchés. C'est pour cela qu'un gros mouvement sur le baril se dilue vite à la pompe.
Les spécialistes retiennent une baisse d'environ 10 dollars le baril, soit près de 9,20 €, comme hypothèse. Elle reste modeste.
| Étape | Effet sur un litre |
|---|---|
| Baril en baisse d'environ 10 dollars (9,20 €) | environ 5 centimes hors taxes |
| Même baisse, taxes comprises | environ 6 centimes |
| Effet sur le ticket du plein | environ 2 à 3 % |
Un exemple pour fixer les idées : sur un plein de 50 litres, 6 centimes de moins par litre font 3 € d'économie. C'est un calcul à partir de ces chiffres, pas une promesse d'une enseigne.
Votre station répercute la baisse en deux jours ou en deux semaines
Même quand les cours reculent, le prix affiché ne bouge pas partout en même temps. Dans les stations de grande distribution, les nouveaux tarifs peuvent apparaître au bout de deux ou trois jours. Dans certaines stations rurales, il faut plutôt compter une à deux semaines.
L'écart peut aussi se voir sur le prix lui-même : parfois 10 à 15 centimes par litre entre deux stations. Cet écart est plus grand que l'effet attendu des réserves du G7. Comparer les stations autour de chez vous rapporte donc plus que d'attendre la baisse.
- Grande distribution : deux à trois jours pour voir la baisse.
- Stations rurales : une à deux semaines, parfois 10 à 15 centimes d'écart par litre.
L'OPEP+ et la guerre en Iran limitent la détente espérée
Le G7 n'agit pas seul sur le marché. L'OPEP+ a refusé d'augmenter ses quotas pour novembre, une décision qui limite la détente attendue. Le pétrole ne manquera pas forcément, mais il ne coulera pas à flots non plus.
Le conflit pèse aussi. La guerre en Iran a ramené les exportations du pays entre 60 et 80 % de la normale. L'effort du G7 vise surtout le gazole, déjà sous tension en Europe, et son impact dépendra de ce contexte.
Une bonne nouvelle existe pourtant. Selon les données de la société de suivi maritime Kpler publiées le lundi 5 octobre, les exportations de brut des pays du Moyen-Orient, hors Iran, ont dépassé plusieurs jours de suite leur niveau d'avant la guerre, entre le 28 septembre et le 4 octobre. Elles atteignent de l'ordre de 18 millions de barils par jour. Ce regain ne garantit pas une baisse durable à la pompe.
Les professionnels restent prudents sur le calendrier et sur les chiffres
Du côté de la distribution, le ton est optimiste mais sans engagement. Michel-Édouard Leclerc, dirigeant des centres E.Leclerc, a prédit une baisse, sans avancer de chiffre ni de date.
« Cela aura des effets positifs sur les tarifs des carburants »
Michel-Édouard Leclerc, dirigeant des centres E.Leclerc, cité par Le Figaro
Pour votre budget, retenez l'ordre de grandeur : quelques centimes, pas un retour sous les 2 € du jour au lendemain. Si vous faites le plein toutes les semaines, surveillez l'évolution du baril et de votre station habituelle plutôt que d'espérer un effet immédiat.
Vos questions
De combien le prix du carburant peut-il baisser grâce aux réserves du G7 ?
Les spécialistes estiment qu'une baisse d'environ 10 dollars le baril représente près de 5 centimes hors taxes par litre, soit environ 6 centimes toutes taxes comprises. Cela correspond à 2 à 3 % du ticket du plein. L'ampleur réelle dépendra de la réaction des marchés.
Quand la baisse sera-t-elle visible dans ma station ?
Dans les stations de grande distribution, les nouveaux prix peuvent apparaître au bout de deux ou trois jours. Dans certaines stations rurales, il faut plutôt une à deux semaines. L'écart entre stations peut atteindre 10 à 15 centimes par litre.
Pourquoi 100 millions de barils ne suffisent-ils pas à faire chuter les prix ?
Le volume représente moins de 1 % d'une consommation mondiale d'environ 100 millions de barils par jour. L'OPEP+ a en outre refusé d'augmenter ses quotas pour novembre. La guerre en Iran a aussi ramené les exportations du pays entre 60 et 80 % de la normale.
Sources : Auto Plus, la-croix.com.